LIBRE-ARBITRE
& DESTINÉE
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La vie, la mort...
 
     Le temps, l'espace...
 
          Hasard ou Destinée ?
              Une année d'exposition s'est achevée...
une autre avec d'autres sujets en d'autres lieux ? 
 
 
"La Photosophie est un néologisme subtil, issue d'une combinaison entre Photographie et Philosophie pouvant s'apparenter à une figure de style car ce nouveau concept entre de manière caractéristique dans la constitution d'une forme originale que je souhaite lui donner. C'est pour cela qu'il faut en définir le contenu pour en être le créateur et son auteur." Jeff Le MAT
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Que vient faire la Photographie et la Photosophie © dans ma vie de psychanalyste ? Une manière de regarder le monde autrement en y apportant des aphorismes pour illustrer le miroir de la pensée qui se reflète dans les images du monde qui nous entoure. L'aventure a commencé avec mon premier appareil photo à l'âge de huit ans, offert par mon grand-père, photographe éclairé qui avait pour passetemps l'édition de cartes postales, colorées à la main. J'ai tout appris avec lui, de la prise de vue à la chambre noire qui révélait les négatifs. Passer du négatif au positif correspondait bien à mon caractère. La destinée m'apportera ma première expo à Genève avec Serge Diakonoff et plus tard le prix Agfa à Avignon pour mes portraits d'enfants. Je collaborerais avec d'autres photographes tels Yousuf Karsh, le portraitiste de Time Life, Léo Fuchs à hollywood, qui à photograpié les plus grandes stars des années cinquante et Jerry Berndt le voleur de portraits du Newyorker. Plus tard, Willy Ronis deviendra mon ami et j'organiserai Belleville en Vue qui perdure chaque année pour les portes ouvertes. C'est ainsi que j e passerais plus de dix ans à faire des portraits et les générales de la prestigieuse Comédie Française. D'ailleurs certains de mes portraits en noir & blanc y sont toujours exposés. La photographie n'est pas pour moi une passion ou un métier, juste un exercice de style pour exprimer ma créativité .
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L'aventure devait donc continuer avec la Photosophie © qui rassemble la possible dichotomie de notre regard cherchant à comprendre ce qu'on lui propose visuellement.  En conjuguant la photographie et la notion de conscience objective, j'ai voulu établir une relation entre l'image, l'émotion et la réflexion pour former le cadre d'une réalité perceptible. Cette vision personnelle, s'est constituée au fil de cinquante années d'expérience. Dans ce parcours, je me suis progressivement inclus dans un processus créatif pour exprimer l'essentiel de ma réflexion sur l'existence. C'est cet état d'esprit que je traduis en parlant de photosophie. Voici donc la définition de ce néologisme que j'ai inventé.
 
 
                              " L'art permet-il d'agir sur la réalité ? "    Txt de l'expo à télécharger en Pdf  
 
 
 
Qui observe qui ?  Qui observe quoi ?  Qui en nous observe ?
 
" La pensée comme la photographie passe par le prisme du regard. Elles ont en commun ces impressions, ces clichés qui se fixent sur un support sensible, que ce soit nos émotions ou bien une pellicule. Nous les archivons dans notre mémoire ou dans nos albums pour constituer le champ de notre expérience.
 
Il y a une distance entre le sujet de notre vision et nous-même comme il y en a une avec l'objectif d'un appareil photo et le sujet que nous désirons saisir. Notre conscience évalue cette distance en reliant le sujet à l'objet. Notre position d'observateur n'est pas toujours objective car elle est fortement influencée par nos émotions, nos sentiments personnels ou nos considérations esthétiques. Nous éprouvons une difficulté à choisir la bonne focale pour distinguer ce qui est vrai, juste, ce qui est réel en dehors de toute influence.
 
Ces observations reposent sur le cadre de notre pensée, notre état d'esprit, notre dimension émotionnelle, ce cadre qui en photographie donne la proportion et la dimension du sujet. Paradoxalement, nous éprouvons une difficulté à discerner la réalité.
 
Notre conscience oscille entre le vrai et le faux, le bien et le mal, la beauté et la laideur dans une dualité où nous opposons un principe à un autre comme si nous étions collés à notre sujet. Nous oublions cette distance comme si nos yeux oubliaient qu'ils regardent au travers d'un objectif dont l'image est renvoyée par un miroir.
 
Est-ce parce que nous ne développons pas suffisamment le recul nécessaire pour saisir et comprendre objectivement ce que nous voyons que notre vision de la réalité devient subjective?
 
La photographie exige qu'il y ait un équilibre entre le temps de pose et la lumière. La pensée est comme la lumière, elle dépend non seulement de la distance avec l'objet de notre réflexion mais aussi du laps de temps que nous prenons à réfléchir sur le sujet. Elle exige une distanciation, une distinction, une présence d'esprit à être dans l'instant. La présence à ce qui se passe est l'élément déclencheur du photographe ce qui le distingue du penseur qui doit avoir la présence d'esprit de saisir la réalité d'une situation.
 
L'objectif est l'élément majeur d'un appareil photo. La qualité de l'image dépend de la manière dont nous l'utilisons, comment nous réglons l'obturateur, comment nous effectuons la mise au point pour que la profondeur de champ soit juste, que le sujet soit net, bien cadré et bien éclairé. Celui qui arrive à la maîtrise de son appareil devient un opérateur attentif au service du sujet qu'il veut fixer objectivement pour traduire une émotion.
 
La conscience est un mécanisme essentiel de la nature humaine qui pour fonctionner objectivement doit s'affranchir du conditionnement moral qui dépend de notre éducation, de notre origine sociale, ethnique, culturelle ou religieuse. En devenant objective, cette conscience s'inscrit dans une dimension universelle unissant tous les êtres qui développent leur humanité par une éthique personnelle.
 
Celui qui développe cette acuité acquiert la maîtrise de soi par la connaissance et la compréhension de sa propre nature. Il peut ainsi mieux analyser ce qu'il ressent, jeter un éclairage lumineux sur ce qu'il vit, il peut mieux cadrer son existence pour agir dans son rapport avec le monde. Il devient le metteur en scène de sa vie en sachant se relier à celle des autres. Il comble cette distance en s'incluant lui-même consciemment et authentiquement. C'est peut-être là le vrai sens de la distinction, du discernement pour intégrer la réalité de sa dimension émotionnelle.
 
Comme tout créateur désirant posséder le sens de sa création, le photosophe en s'exposant, cultive son aptitude à manifester la plus belle expression de lui-même. "

C'EST UNE CONVERSION DU REGARD SUR LE MONDE...
MAIS C'EST VOUS QUI VOYEZ !
 
La vidéo narrative du livre