LE POSSIBLE RÔLE DE
    LA PSYCHOSOCIOLOGIE
 

 

"Si les hommes sont si différents dans l'espace et dans le temps, s'ils se transforment selon les sociétés, alors la nature humaine n'est plus qu'une matière première malléable à laquelle seule la culture ou l'histoire donne forme." Edgar Morin.

La psychosociologie est un formidable outil d'analyse de notre humanité. Elle englobe la sociologie, la psychologie, l'anthropologie et la philosophie pour former un cadre de réflexion et d'analyse quant aux mécanismes qui régissent nos sociétés à l'échelle de notre humanité. Toute étude se fonde d'abord sur le conditionnement historique, social, économique, politique et culturel d'une société, quelle que soit sa taille et son importance. Devant tant de paramètres, il est souvent difficile de faire une synthèse objective des courants qui animent nos sociétés. Pourtant, la connaissance et la compréhension des mécanismes qui régissent l'homme, l'individu, permettent de mieux saisir les courants qui poussent l'humain à définir la société dans laquelle il vit.

Au travers de cette présentation, peut-être devrions-nous comprendre que développer une pensée objective représente un élément clé pour observer l'être humain. Un des composants de l'homme qui prête à controverse depuis des siècles et qui continue à faire débat est son âme. On confond d'ailleurs assez aisément l'âme avec l'esprit qui est associé aux fonctions cognitives du cerveau, l'intelligence, la pensée, le mental. Dans l'Alchimie, l'âme est décrite symboliquement comme un œuf. C'est certainement, parce l'âme induit une perception sensible de notre univers entraînant la gestation d'idées devant prendre corps dans la réflexion. Cette réflexion est elle-même prorogée dans l'agir par l'ensemble des hommes pensants.

 On peut alors s'interroger sur ce processus de fécondation d'idées et d'actions en revenant au concept de l'œuf et de la poule. Il ne s'agit pas de déterminer où cela commence et où cela fini mais ce qui pousse la nature humaine à créer cette dynamique pour concevoir une évolution significative de son humanité.

Considérons d'abord l'Homme comme un des composants spécifique de notre Humanité : Mammifère-mammalien, homo-érectus, homo-sapiens. Celui-ci représente le maillon le plus évolué de la création terrestre. Cet élément central se distingue de l'animal par une fonction singulière, celle de concevoir le temps, l'espace et la matière par opportunisme parce que cette bestiole improbable occupant le sommet de la biologie soit disant intelligente, vit dans la crainte de ne pas contrôler cet environnement qui l'entoure. Il représente le premier noyau psychotique développé par une intelligence raisonnée du macrocosme en corrélation avec les virus du microcosme. Car le Sapiens a instinctivement perçu que bien qu'appartenant à mère nature, il fallait la maîtriser, d'où une légère tendance paranoïaque qui l'a amené à développer des facultés surprenantes d'adaptabilités et d'ingéniosités quant à son environnement. Le résultat flagrant et exponentiel est que l'Homme Moderne, qui est en fait un homo HABILIS MALADROITUS, est pris dans une compétition de toute puissance que l'on qualifie en Latin de " Deus Ex Machina " et cette perversion n'a pas de limites, sauf celles qui arment le bâton qui lui revient sur le crâne parce que ce spécimen terrestre n'en fait qu'a sa boite crânienne.

      * Le temps : Intrinsèquement notre " sapiens " peut mesurer le temps sur l'échelle de sa vie et celle de ses actes.

      * L'espace : Il investit l'espace pour affirmer sa suprématie sur mère nature. Il bâtit des structures sociales, il organise des systèmes, il les détruit pour exorciser sa peur de l'inconnu.

      * La matière : De sa rencontre avec la tutelle nourricière de sa génitrice, il conçoit la matière comme l'élément primordial de sa sécurité individuelle. Il la thésaurise pour en faire une arme de pouvoir et de reconnaissance sociale.

Ces trois composantes de l'humanité constituent les particularités de l'archétype humain et trouvent leurs analogies dans l'ordre des trois dimensions individuelles: "Être, faire et avoir".
 
À ce stade, nous pouvons considérer que le développement de l'humanité s'est fait par l'une ou l'autre de ces composants mais rarement dans l'ordre et l'unité de ces trois valeurs. En effet, depuis l'aube des temps, beaucoup d'individus ont considéré que "l'avoir" et le "faire" était la condition sine qua non de la matérialisation de leur état "d'être". On pourrait même pousser le vice jusqu'à dire que "l'avoir" s'est substitué par "le savoir" au détriment de la véritable connaissance, celle de soi-même, celle du "connaît toi toi-même" des gnostiques grecs.
 
Or, il s'avère que depuis l'aube de l'humanité, certains individus ont considéré que la véritable évolution de l'homme résidait dans cette unité de la manifestation de "l'être" dans l'accomplissement du "faire" par la connaissance. Cette découverte initiatique a constitué dès lors le secret de l'accomplissement humain. Cet amour de la sagesse authentique a poussé les philosophes à concevoir d'autres chemins d'existence de la pensée par la constitution d'une tradition que l'on pourrait qualifier d'humaniste dans le sens où elle place l'homme au centre de sa création, de ses interrogations, bref au centre de lui-même. Le plus remarquable, c'est qu'au travers de cette quête existentielle, nombre d'entre eux, au travers des âges et des cultures, ont laissé des témoignages concordants sur la nature même de l'existence humaine, de son essence, par une alchimie subtile de sa substance où l'être est à la fois le tout et le rien, l'objet et le sujet de sa réalité pour concevoir en finalité qu'il n'est qu'un lien unissant macrocosme et microcosme. Voilà peut-être l'origine du problème de l'humain qui sacralise sa position centrale pour découvrir en finalité la vacuité de son pouvoir.
 
Peut-être pourrait-on affirmé que le seul bien secret de l'humanité est le libre-arbitre de son devenir dans la mesure où celui-ci est capable de faire des choix, non avec lui-même mais avec ce qui le dépasse, avec le plus grand que lui, avec ce tout qui l'effraie et dont il veut percer les mystères.
 
Il se trouve alors que l'émergence de ce concept d'unité, c'est établi au sein de notre boîte crânienne par l'entremise de nos trois cerveaux: Reptilien, limbique et néocortex. Ces trois éléments concomitants de la pensée humaine ont contribué à l'émergence d'une faculté étonnante de l'esprit humain: la conscience.
 
Cette "conscience" au stade subjectif que l'on pourrait nommer "la morale", représente le pire tourment de l'espèce humaine tout en s'avérant être le reflet de notre pensée dualiste. Elle agit de façon séquentielle cherchant obstinément à combler le vide intérieur de nos réflexions. Or, c'est justement par l'entremise de ce vide que se constitue l'unité de l'homme universel: la conscience objective du "tout" où nous ne sommes alors que l'objet d'une dimension supérieure qui nous englobe.
 
Qu'adviendra-t-il de notre humanité le jour où elle accédera à l'unité et la concorde universelle par la conscience du tout? Entre nous, sans concevoir qu'elle le peut, pouvons-nous poser la véritable question: Le veut-elle ?

 
Voici un ensemble de textes pouvant être utile à votre réflexion.
 
Le paradigme perdu: Dialogue avec Edgar Morin PDF