LIBRE-ARBITRE ET DESTINÉE
 
La vie, la mort...
Le temps, l'espace...
 
Hasard ou Destinée?
 
Celui qui sait résoudre cette équation se possède lui-même car il a compris qu'il faut choisir au travers de ces différentes dimensions, les véritables piliers de sa fondation.
 
L'édification de notre existence repose sur l'accomplissement de nos désirs. Depuis la nuit des temps, l'homme a dirigé son regard vers la voûte étoilée pour observer la course du temps. Primitivement, c'est dans l'obscurité autour du feu que l'homme a pu appréhender la distance qui le sépare de l'univers infini. Tout en étant au sommet de la création, il a ressenti la précarité de sa position face à l'immensité de la vie terrestre.
 
Nous ressentons tous cette dualité basée sur la nécessité de s'inclure dans la réalité tout en poursuivant notre rêve d'aspirer à autre chose de nous-même. Nous nous heurtons souvent aux obstacles qui entravent le chemin de notre accomplissement parce que nous ne comprenons pas que cela repose sur un principe simple: le jeu de la causalité. Si nous ne sommes pas aptes à choisir pour nous ce qui nous enrichit, ce qui nous construit, ce qui nous fait progresser dans cette quête de la réalisation de notre propre dimension, l'univers décidera pour nous ce que nous devons accomplir. Nous subissons alors des effets que nous n'avons pas décidés. Nous sommes ballottés au gré de circonstance que nous avons enclenché sans en posséder la maîtrise.
 
Saisir le fil de son existence suppose que nous soyons conscients de la nature de nos désirs pour utiliser nos ressources en combattant nos propres incapacités. Cela s'appelle la quête de soi par la connaissance de ce que nous engendrons. Il n'y a pas de fatalité, juste des leçons à tirer de nos actes. Avoir le courage de choisir nos actes, c'est exercer le libre-arbitre pour façonner notre destinée.
 
Je voudrais prendre une citation de l'astrologue grec Ptolémée: " Les astres inclinent, mais ne déterminent pas ". Il n'y a pas de déterminisme, il y a une destination. La destinée est un parcours que nous effectuons d'une porte à une autre, de la naissance où nous prenons le souffle en inspirant et la mort où nous expirons ce souffle vital. Entre les deux, il n'y a qu'une grande respiration. Pour beaucoup d'êtres humains cette respiration de la vie est difficile car il y a des blocages, des traumatismes. On peut ressentir aux tréfonds de nous une douleur, une souffrance à être nous-même car nous n'avons pas appris à la rendre utile.
 
Nous explorons le champ de l'existence sans toujours savoir où cela va nous conduire. Nous menons une quête incessante du bonheur parce que la vie ne nous offre que de brefs instants de tranquillité, de plénitude. Nous quittons un bonheur pour essayer d'en attraper un autre avec un perpétuel sentiment d'insatisfaction parce que nous ne nous acceptons pas tel que nous sommes. Nous ne comprenons pas que le bonheur est une illusion dont nous repoussons sans cesse les limites. Nous pensons souvent que la réussite du bonheur provient du hasard, de la chance ou d'une intervention extérieure, voire divine. Nous ne comprenons pas que le vrai bonheur, c'est la possession de soi-même en un seul et même instant dans un tout dont nous ne sommes qu'une partie active.
 
La chance n'a rien à voir avec le hasard ou le destin. Il y a des aides, des co-incidences ou des concours de circonstance qui nous donnent l'impression d'avoir gagné à la loterie de la vie. Le plus souvent par besoin de sécurité, nous ne savons pas saisir les opportunités qui nous sont proposées par peur de lâcher les choses qui ne nous satisfont pas. Nous souffrons en créant d'impossibles compromis, en nous accommodant de situations insatisfaisantes plutôt que de tenter l'aventure de ce qui nous convient. C'est la peur de réussir qui conforte la culture de l'échec.