Nous avons une peur fondamentale de l'inconnu alors qu'en nous mettant en mouvement, nous pouvons faire tourner la roue de la vie. De nombreux symboles ancestraux nous y invitent dont la plus significative est la svastika indienne, une croix représentant le mouvement perpétuel de l'univers. L'immobilisme est notre propre fléau par peur du changement parce qu'évoluer n'est qu'une transition, une transaction entre l'ancien et un nouveau qui n'existe pas encore. Cette gestation est dans le potentiel d'un présent constituant un futur qui requière notre participation active. C'est l'action, l'agir qui détermine notre devenir, pas notre avenir. Essayer, entreprendre, c'est parfois oser se tromper avec une formidable faculté, celle de pouvoir rectifier nos erreurs.
 
Les Grecs utilisaient le symbole de l'Orouboros, un serpent se mordant la queue, pour illustrer la spirale de la vie dans laquelle nous sommes pris. Échapper à cette spirale, c'est plonger au cœur de la vie qui est en nous pour faire émerger la substance de nos désirs en les mettant en œuvre. Devenir le maître d'œuvre de sa vie, c'est être le véritable architecte de sa construction intérieure. S'affranchir, c'est progressivement tracer sa voie en reliant toutes ces parties de nous-mêmes dans une cohérence conjuguant la dualité de notre aptitude à embellir notre existence.
 
Nous sommes souvent en perpétuelle dualité avec notre univers intérieur et le monde extérieur en éprouvant la difficulté de trouver notre juste place. Nous ne comprenons pas forcément que pour trouver son équilibre entre ces mondes, il faut un centre, un axe pour les relier et les conjuguer pour que notre vie soit cohérente et harmonieuse. Nous construisons alors des systèmes pour nous protéger, nous préserver, pour espérer, ce qui nous coupe de notre nature profonde. Nous aspirons à être, à devenir, mais cela implique la gestion de situations multiples et complexes que nous subissons tout en essayant de les contrôler et de les dépasser.
 
Ce sont toutes les situations de notre existence que nous devons utiliser car elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Nous devons simplement les employer pour qu'elles deviennent utiles à notre propre connaissance. Mais il nous manque cette connaissance de nous-même " le connais-toi toi-même " pour évoluer et faire des choix judicieux. C'est cette notion de libre-arbitre qui parfois nous échappe car nous pensons qu'en contrôlant une situation, nous pouvons contrôler notre vie. Ce n'est pas une histoire de contrôle mais de maîtrise de soi. Les situations de l'existence se maîtrisent de l'intérieur en descendant dans l'intimité de notre propre univers.
 
Notre vision de la réalité est tronquée, elle est fortement subjective car il n'y a pas de fatalité seulement quelques impondérables. Nous ne vivons pas dans le monde, nous vivons dans une représentation fragmentée d'un monde que nous construisons et actualisons en permanence. Nous sommes constamment les scénaristes de notre existence. Celui qui comprend que ce ne sont pas les situations qui doivent diriger sa vie mais lui-même, cherchera alors les moyens pour y parvenir.
 
Vouloir ne suffit pas, il faut pouvoir et pour agir il faut acquérir le courage d'aller chercher au centre de nous-même la dimension de notre être pour la relier à l'existence. Exercer son libre-arbitre, c'est avoir et développer le pouvoir de se rectifier pour comprendre par le travail de la conscience de soi, ce qui est à transformer.