LES ARCANES DE
LA SAGESSE
 
 
 
Les vingt-deux niveaux
de la conscience
 
 
 
 
" J'ai écrit l'Arcane XXII, pour expliquer, le mystère du Fou, du MAT dans le Tarot des Imagiers. J'ai ainsi tenté de décrypter son symbolisme d'un point de vue humaniste au regard de la Kabbale. En tant que psychanalyste Jungien, j'ai voulu apporter une ouverture originale sur l'univers mystérieux de ce jeu de l'esprit longtemps utilisé pour dire la " Bonne Aventure ". En effet, il existe trois cartes qui portent les lettres mères de l'alphabet hébraïque exprimant l'esprit de l'univers. J'espère que vous trouverez ainsi nouvel éclairage sur ce trésor qui nous vient du fond des âges.Je tiens à préciser aussi que mon nom n'est pas un pseudonyme, mais mon patronyme, car Le Mât signifie en Breton gaélique, le bon, le juste ou le druide."
 
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AUX ORIGINES DU TAROT

L'homme est naturellement porté vers l'absolu, car très tôt il a orienté son regard vers le mystère de la nuit céleste. C'est dans cette nuit que sont enfouis tous les rêves et toutes les peurs de la nature humaine. Aux origines, l'homme se retrouvant face aux feux du couchant, devait se sentir bien seul face à l'émergence de cette voûte étoilée. Autant, sous l'astre solaire il pouvait conquérir mère nature en affirmant son statut d'homo érectus, autant cette confrontation avec le cosmos l'amenait inconsciemment à observer les étoiles dont il se sentait être l'émanation avec la perception d'être une minuscule poussière vivante.

L'alternance du jour et de la nuit a fortement conditionné la nature humaine. L'astre solaire donna certainement une notion concrète du temps. Son lever et son coucher délimitèrent très tôt les limites de la carrière du jour. Cette phase de temps, propre à l'action, offrait à l'homme primitif toute l'étendue de sa survie. L'homme cherchera très vite à perdurer ce temps terrestre par la conquête et la maîtrise du feu, garantie de sa sécurité dans le vaste monde de la nuit. C'est autour de la flamme que la tribu se rassembla, formant ainsi la première société pour conjurer l'esprit de la nuit. C'est aussi sous cette voûte céleste, que l'homme conceptualisera ses premiers rituels pour exorciser sa peur et maîtriser une autre dimension du temps, l'absolu.

Bien des rites anciens attestent de cette volonté à mesurer la vie sur l'échelle du temps céleste. La vie s'écoule sous l'astre solaire, la mort et les générations s'inscrivent dans l'alphabet des étoiles. Le futur, le présent et le passé ne sont que des liens que les premiers astrologues chaldéens ont tenté d'unir. Le zodiaque de Dendera inscrit en polychromie sur la voûte d'un temple pharaonique nous livre avec précision le parcours de la civilisation égyptienne dans l'espace du temps absolu.

Les Grecs ont quantifié le passage de chaque ère zodiacale en une période de 2000 ans. Hercule mettra ainsi 24 000 ans, une année grecque astronomique pour accomplir ses travaux au travers des 12 constellations célestes. Enfin, Zoroastre nous livra ainsi le secret du temps, en figurant le fil à plomb accroché à la voûte étoilée comme un balancier qui s'arrête et repart à chaque solstice, figeant sa course dans des rites d'expiation et d'espoir, dans le cycle infini de la vie vers la mort. Cette voûte qui coiffe nos têtes est un appel à la méditation et à la réflexion. Quand l'oeil s'exerce, la vision s'éclaircit et l'oreille n'entend alors que la sourde voix du temps. Le vide sans échos nous appel de ses mystères. Nos prières montent, mais sont-elles entendues, existe-t-il une autre dimension de part delà les étoiles? Quand nous parcourons la Voie lactée de nos yeux, nous mesurerons l'infini et l'absolu en cherchant un éphémère point de repère. Il est un exemple frappant en regardant les grands Moaïs de l'île de Pâques, dont le véritable nom en polynésien est Ma Ta Kité Rani, des yeux regardent les étoiles.

L'humanité en observant les cycles de la nature, a élaboré et codifié des systèmes pour percer le mystère du temps. Le futur, l'avenir et le devenir de l'homme ont toujours été les fondements de son inquiétude, ainsi a-t-il tenté de prévoir ce qui pouvait lui arriver. Tous les peuples de la terre, archaïques, primitifs ou évolués ont construit des rites et des systèmes de prévision. Ainsi naquit ce que l'on appelle, l'art de la divination. Prêtres, shamans, sorciers, astrologues, numérologues, au fil des âges ont constitué une caste d'initiés au mystère de la divination. Que cela soit en analysant les entrailles d'un animal sacrifié, un horoscope ou en utilisant des symboles comme les runes ou le Yi-King, l'homme a toujours voulu savoir ce que l'univers, dieu ou les divinités, lui réservaient. En cela le tarot, est devenu un système de divination universelle. Son origine se perd dans la nuit des premières civilisations. L'Égypte, Sumer, Babylone ou Israël, constituant le berceau de notre humanité, ont généré une science de la divination.

Moïse, fut le fils adoptif du pharaon, recevant ainsi l'initiation d'Amon-Ré. Dans sa fuite et son bannissement, il trouva refuge chez le Jethro, ancien serviteur du pharaon, grand sacrificateur du dieu solaire. Il fut ainsi initié aux mystères antiques de Melki-Tsedek, le roi sage et connaissant qui conforta Abraham l'hébreu dans sa croyance au dieu unique. Moïse reçu les tables de la Loi de Dieu lui-même ainsi que tous les rituels qui devaient unir les tribus d'Israël autour de l'arche de l'alliance. C'est ainsi que le grand prêtre d'Israël présidait à la destinée du peuple élu. Pour exercer son sacerdoce, il portait une tenue particulière, constituée de plusieurs éléments distinctifs. Il y avait le Nezer qui veut dire lame, constituée d'une plaque en or sur laquelle étaient inscrits les mots YHWH le qodesh, " Consacré à l'Éternel ", que l'on retrouve sur les Téphilim. Elle était fixée sur son front, retenue par un fil de pourpre violette. Ensuite, il y avait l'Ephod, un gilet ou tablier richement brodé, retenu par deux pierres d'onyx sur les épaules. Les noms des 12 tribus d'Israël étaient gravés sur ces deux pierres : 6 par pierre. Et enfin, le Hoshen, le pectoral, fixé sur le devant de l'Ephod. Il était orné de douze pierres précieuses, chacune gravée avec le nom d'une des tribus. Il " consistait en une tablette carrée formant une pochette d'or " dans laquelle le Grand Prêtre portait les Urim et les Thummim. Dans la Bible hébraïque, l'Ourim et le Thoummim, les éléments du pectoral, sont généralement considérés comme des objets ayant trait à l'art de la divination. En hébreu, le mot ourim signifie lumières, et thoummim, perfections, parfois traduit aussi par vérité. Les érudits juifs les décrivent comme un " instrument qui servait à donner la révélation et à déclarer la vérité ". On peut considérer, même si nous n'avons pas de descriptions aussi précises que l'arche d'alliance, que ces éléments du rituel, servaient à la divination. Le grand prêtre officiait d'ailleurs dans le saint des saints du Temple en présence de l'arche et de la ménorah, le grand chandelier à sept branches.

Connaissant les pérégrinations et les vicissitudes du peuple d'Israël ; de l'exode à Babylone à son occupation Romaine et sa dispersion au travers de la diaspora, on peut supputer que par interpénétration culturelle et religieuse, qu'un système complexe de divination, s'est constitué autour de l'ésotérisme hébraïque. Plusieurs foyers de cet ésotérisme, ce sont développés en divers endroits. La communauté Juive andalouse sera à l'origine de la Kabbale et de la gématria hébraïque influencée par l'algèbre des Arabes. Venise où apparurent les premières cartes peintes, était par son ghetto juif, un centre de développement commercial et spirituel. Bagdad, quant à elle, sera créée par les Abbassides Perses dans sa conquête de Damas, fief des Omeyyades Syriens. Cette cité verra le rassemblement de diverses communautés Juives drainées par la bienveillance des Califes sunnites arabes. C'est certainement à Bagdad, que les Sintis, peuples nomades venus d'Inde, rencontrèrent l'ésotérisme hébraïque. Les Sintis, peuple paria, essaimèrent dans toute l'Europe, constituant les communautés, Tziganes Roms, Manouches et Gitanes. L'Andalousie fut certainement un point de rencontre important entre Juifs et Bohémiens Gitans, qui empruntèrent la représentation divinatoire hébraïque. Et enfin, les échanges commerciaux contribuèrent eux aussi, à la divulgation du Tarot. On présume que vers le XIIIe siècle, des commerçants sarrasins mamelouk d'origine égyptienne, apportèrent une version orientale du Tarot.

C'est donc ainsi que le système des vingt-deux lettres, de l'arbre des séphirot de la kabbale et de la guématria, la numérologie hébraïque, ont constitué un corpus hermétique et divinatoire qui s'est diffusé naturellement autour du bassin méditerranéen, puis en Europe. Les communautés juives dans leurs apports culturels, leurs échanges commerciaux et spirituels ont fait le reste, pour nous apporter aujourd'hui le formidable héritage symbolique, que représente le Tarot.

C'est cet Univers que je vais tenter de vous faire découvrir, à la lumière de la Kabbale, et plus particulièrement le mystère de l'arcane XXII, Le MAT. Je tiens à préciser qu'en tant que psychanalyste jungien, j'étudie depuis longtemps les symboles. J'ai ainsi découvert dans le tarot, un univers vaste et varié. L'ouverture d'esprit et l'originalité de cette psychanalyse axée sur la connaissance de Soi, ont ouvert bien des domaines et des supports que l'analyse Freudienne a souvent condamné. Il existe même aux États-Unis, une méthode analytique qui utilise le tarot comme support entre l'analysé et l'analysant. Elle se nomme Tarothérapie.