" L'Autiste est un contorsionniste de la vie qui passe son temps,
   à jongler sur le fil de son existence ! " Dixit l'Auteur...
 
C'est en étudiant à la fin des années 70 à l'Université Stanford à Palo Alto en Californie que j'ai abordé l'univers du cerveau avec Robert Jastrow qui révolutionna l'approche du cerveau humain avec son livre " Au-delà du Cerveau ". Il remettait en question les fondamentaux darwiniens avec une nouvelle approche comportementale comme celle de Desmond Morris que j'avais étudié à 16 ans. J'étais alors jeune chercheur en systémie sur les premiers systèmes As300 IBM et il annonçait déjà l'ampleur de la révolution informatique. C'est aussi à cette époque que je m'intéressais à l'école thérapeutique de Palo Alto avec la Gestalt Thérapie et le comportementalisme que je développerais plus tard au Québec avec Jean Roulet et le regretté Guy Corneau. Après une reprise de mes études en médecine et un doctorat bilingue, je me spécialise comme psychoclinicien dans la thérapie cognitive et comportementale. 35 ans après, j'écris ces lignes pour tenter d'expliquer certaines choses que l'on commence seulement en France à prendre en considération avec le constat que nous sommes vraiment en retard dans le traitement thérapeutique de certains troubles. Je collabore depuis longtemps avec l'American Psychiatric Association dont je suis membre émérite depuis longtemps. Alors bonne lecture…
 
La " mémoire " n'est qu'un mot qui désigne nos différentes capacités mnésiques. Apprendre à différencier vos mémoires vous permettra de mieux mémoriser pour la simple raison qu'on ne mémorise pas tout de la même façon. En effet, " la " mémoire n'a pas de siège véritable et dépend de plusieurs régions localisées du cerveau avec différents composants que l'on appelle des " Gyrus ". En tant qu'autiste atypique, puisque je fus diagnostiqué à 14 ans comme tel, je suis atteint d'une hypermnésie où je retiens tout en mémorisant dans un espace central qui correspondrait à une immense bibliothèque comme l'" Elias Ashmole " d'Oxford où je fais parfois des recherches en sociologie. Cela commença très tôt au stade intra-utérin, où j'ai pu décrire à ma propre mère les conditions émotionnelles de ma gestation qui se transforma vite en gesticulations à la sortie et l'entrée dans la vie. J'en parlerai plus loin, mais " ça " ne s'invente pas…cette hypermnésie peut se transformer en véritable poison si on n'a pas la clé du placard du crâne où le mental n'en fait qu'à sa tête. Dixit !
 
On distingue généralement 3 mémoires principales :
    
 
La mémoire procédurale
 
Le tronc cérébral semble s'occuper de tout ce qui touche aux réflexes, aux instincts, comme la survie par exemple.
 
Quand on étudie de plus prêt l'histoire du cerveau, on s'aperçoit que le tronc cérébral est son ancêtre archaïque issu d'une lente évolution jusqu'à notre station debout qui nous distinguera des animaux. En détail, il est composé :
 
- " du bulbe rachidien, qui nous permet de respirer sans y penser ;
- " du cervelet, qui s'occupe, pour nous, de notre orientation spatiale, ainsi que de la coordination automatique de nos mouvements ;
- " du mésencéphale qui contrôle le mouvement des yeux, ainsi que le sommeil ;
- " du thalamus qui s'occupe de ressentir, à l'exception de l'odorat ;
- " de l'hypothalamus qui contrôle la température du corps, mais aussi la faim, la soif ainsi que le comportement sexuel.
 
On parle alors de mémoire procédurale, celle des " processus ". Elle nous permet de manger, respirer, conduire, marcher sans y penser. Elle s'appuie principalement sur la répétition pour fonctionner correctement. Ces processus sont dits instinctifs héritées de notre évolution. On pourrait même parler de fonctions reptiliennes sans contrôle direct à la différence de certains reptiles qui peuvent les contrôler comme les alligators. On appelle cela une " Stase ". Certaines personnes comme les yogis et autres swamis, peuvent par la méditation ou par hyperventilation comme le Réïki, obtenir des résultats physiques et psychiques étonnants et comme disait Gurdjieff, des trucs de fakir. Dans le cas de l'autisme, on remarque chez certains sujets une absence à la douleur ou une forte diminution de celle-ci comme si le sujet était en stase ou en transe.
 
    
 
La mémoire épisodique
 
Le cortex ancien s'occupe de la mémoire sensorielle, affective : c'est le siège de l'expérience individuelle. Tout votre vécu, votre passé personnel est stocké dans cette région du cerveau. Il est composé :
 
- " du septum et de la région septale, qui jouent un rôle dans l'agressivité et les sensations de plaisirs ;
- " des noyaux amygdaliens, qui enregistrent les sensations plaisantes et déplaisantes ;
- " des tubercules mamillaires qui consolident la mémorisation des faits récents ;
- " de l'hippocampe qui compare le passage des sensations avec les souvenirs déjà mémorisés.
 
On parle alors de mémoire épisodique ou autobiographique. Elle s'appuie sur l'expérience, le vécu pour fonctionner correctement. C'est aussi ici que se situe la dualité dans le comportement, car beaucoup de sujets ne font pas la différence entre sentiments, impressions et sensations nourrissant les émotions. Il y a parfois une altération de la fonction empathique que l'on retrouve chez les autistes. Ce qui nous fait dire maintenant que nous avons tous des noyaux autistiques et psychotiques qui peuvent se réveiller dans certaines conditions. Les autistes peuvent se retrouver alors dans une situation d'enfermement, entrainant une crise plus ou moins sévère. J'ai moi-même vécu dernièrement une crise qui m'a ramené à mon enfance. Ayant intégré depuis longtemps ma forme d'autisme, il a fallu que je reste une heure sous la douche, pour revenir à l'équilibre. C'est ce que l'on appelle une identification qui vous fait régresser à certains points traumatiques de votre mémoire avec la possibilité d'en comprendre le mécanisme afin de se prévenir des situations, conditions et comportements qui mettent en danger. C'est la dynamique du comportementalisme qui permet chez certains sujets d'apprendre et intégrer certains troubles pour maintenir un équilibre psychique. Ma longue expérience thérapeutique depuis quarante ans, m'a permis d'accompagner de nombreuses personnes dans l'intégration de ces troubles. D'ailleurs l'accession à cette mémoire spécifique, peut dans certains cas avec l'EMDR, l'hypnose ou autohypnose fournir d'excellents résultats.
 
    
 
La mémoire sémantique
Le néo-cortex abrite la mémoire intelligente, celle qui nous permet de retenir et d'utiliser des connaissances, comme les mathématiques, le français, l'histoire. C'est une mémoire très élaborée. Le néo-cortex est composé :
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- " des lobes pariétaux, qui contiennent les centres conscients du toucher,
- " des lobes temporaux, qui contiennent des centres de l'audition,
- " de lobe occipital, qui contient le centre des informations visuelles,
- " du lobe frontal, qui joue un rôle très important dans l'acte de mémorisation puisqu'il permet le traitement de l'information séquentielle. Il permet notamment de classer et d'organiser l'information pour pouvoir la retrouver plus tard.
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On parle alors de mémoire sémantique. C'est une mémoire qui s'appuie sur le sens et la compréhension pour fonctionner correctement. C'est là que se constitue entre autres la " Logique " qui est propre à chaque individu. C.G.Jung a très tôt identifié la construction logique en créant une typologie, celle que j'utilise parfois dans le comportementalisme comme identifier la dyslexie ou la dysorthographie, pouvant être corrigé par des exercices appropriés. Dans le cas de l'autisme " Atypique " comme moi, cela donne certaines facultés spécifiques comme une aptitude aux mathématiques ou bien à l'informatique et l'architecture " Booléenne " des moteurs de recherches.
 
 
 
 
Les hémisphères
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Comme je l'ai évoqué, notre position debout et la marche distinctive produiront l'aire de Broca qui est l'aire motrice du langage située à l'intérieur du cortex, dans le lobe frontal. Les mammifères ne possèdent pas cette aire spécifique, bien que certains soient capables de comprendre et reproduire des signes et des symboles comme certains primates dont nous descendons peut-être. Mais, ils n'ont pas la faculté de la parole bien qu'ils peuvent constituer des codes et des signes pour échanger dans leurs groupes, tels les Bonobos.
Cette aire a aussi d'autres fonctions car, elle est connectée, par les fibres nerveuses du faisceau arqué, à l'aire de Wernicke, qui est associée à la compréhension du sens des mots, l'algèbre ou bien l'écriture musicale.
Chez la majorité des droitiers, l'aire servant au langage se trouve dans l'hémisphère gauche. Chez les gauchers, cela peut être à droite ou à gauche. Si la production du langage et sa compréhension sont traitées toutes deux du côté gauche, l'hémisphère droit intervient aussi dans la connotation émotionnelle des mots.
 
 
 
Les aires et gyrus du cerveau
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Il existe aussi une particularité avec le gyrus de Heshl situé dans cette région mystérieuse, qui contribue à l'acquisition des symboles et des signes. Ce gyrus semble apporter des facultés étonnantes comme l'hypermnésie, dont je suis atteint ou bien la possibilité trigonométrique de percevoir un cube dans son intégralité comme une vision en trois dimensions.
Des études récentes en imagerie médicale, dont je suis spécialiste, ont permis de découvrir qu'un dédoublement de ce gyrus apporte des facultés étonnantes. Ceci a entrainé depuis longtemps un diagnostic qui semble maintenant erroné sur certaines facultés engendrant une forme d'autisme que l'on qualifie " d'atypique " par rapport au syndrome d'Asperger, qui est un autisme sévère.
 
A SUIVRE...